[Dominique Baillon-Lalande, Encres vagabondes, 31/07/2020]

« Ce recueil est dédié à Christian Congiu, cet amoureux de littérature et de nouvelles, fondateur de la revue Nouvelle Donne en 1993 et fédérateur d’énergie autour d’elle jusqu’à son dernier numéro papier en 2004. 2011 sera l’année de la renaissance de la revue sous forme numérique mais aussi celle du décès accidentel de son initiateur. Ses collaborateurs ont poursuivi l’aventure collective. […]
Qu’elles et ils se consacrent uniquement à l’écriture ou exercent une activité parallèle tous connaissent la nouvelle et l’apprécient à sa juste valeur et cela se sent. Ne cherchez aucune unité de lieu, de genre ou d’univers dans ces libres et personnelles interprétations. Qu’elles nous embarquent aux USA, au Maroc, en Belgique, en France ou au Canada, chaque plume y entrouvre pour nous une fenêtre sur des tranches de vie d’aujourd’hui, poétiques, loufoques ou tragiques. […]
Chacune de ces nouvelles résonne avec notre sensibilité de lecteur de façon plus ou moins personnelle mais toutes ici se font pièces du grand puzzle de nos vies sur la scène du monde occidental contemporain. La jungle sociale est féroce, le chemin long et difficile et, en voiture, camion, métro, train, avion ou même à pied, en milieu urbain ou dans la nature, les itinéraires suivis par les personnages, au propre comme au figuré, les amènent rarement à leur destination sans détour, inquiétude, contrariété ou surprise.
L’idée de proposer à la suite plusieurs nouvelles de chaque auteur est excellente. Contrairement à la facture plus commune d’offrir une nouvelle par auteur, cela permet au lecteur en cheminant d’une histoire à l’autre de mieux percevoir la personnalité, le rythme, la voix de chaque écrivain. Parfois même d’établir une correspondance d’un univers à l’autre.
Les émotions du lecteur livré au ciel changeant, tour à tour noir ou dégagé, surplombant Le chien attaché au poteau électrique, sont nombreuses et vives. Son trouble aussi parfois. Mais la magie des fins ouvertes choisies ici par nombre d’auteurs pour leurs nouvelles est qu’elles permettent aux optimistes forcenés restés au bord du gouffre auprès du narrateur d’imaginer que le pire peut-être ne sera pas pour aujourd’hui. »

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[Géraldine Doutriaux, « Une traversée dans la nouvelle contemporaine », Rue Saint-Ambroise]

« On prétend que le roman est le genre carnivore par excellence, protéiforme et caméléon, capable d’absorber tous les registres, genres et formes littéraires. Il faut lire Le chien attaché au poteau électrique, recueil qui publie les nouvelles d’auteurs de la revue en ligne Nouvelle Donne, pour saisir que la nouvelle a le même talent. Les quinze récits de ce recueil édité par la Chambre d’échos montrent qu’il n’y a pas besoin de beaucoup de pages, ni de temps, pour planter l’essentiel d’un polar de vengeance (Bande d’arrêt d’urgence), d’un récit dystopique (Pluviôse 2812), d’une scène de la vie conjugale pleine d’humour et de désillusion (Le mariage des cousins) ou du récit réaliste et désabusé d’un homme évoquant les points de vue différents de syndicalistes dans les années 70 (Mémoires du charbon et de l’acier). C’est donc un recueil qui ne se refuse rien, aucun genre, aucun thème.Ce recueil caméléon est aussi accordéon. Montrant l’amplitude temporelle que la nouvelle est capable d’atteindre, les récits vont de l’instant pur à la chronique d’une tranche de vie. »

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