Philippe Bonzon, L’âge d’ombres Un extrait du livre
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16 €

 

ISBN 978-2-913904-77-4 | 14,5 x 21 | 152 p.

Paris, de 1939 à 1946, est le lieu principal où se déroule ce récit d’une enfance. Le Champ-de-Mars, les jardins du Trocadéro, le lycée Janson de Sailly, les vacances à la campagne ou au bord de la mer ont peu changé depuis cette époque lointaine. Et cependant, la différence est grande. La guerre — même si un enfant n’y est pas directement confronté — colore toutes choses des couleurs sombres du sang versé, du chagrin et du deuil. La présence de la guerre intensifie chacune des émotions naturelles de cet âge d’ombres qui s’étend de la fin de la petite enfance jusqu’au début de l’adolescence. C’est l’accent mis sur ce creusement qui fait de ce récit autre chose qu’un simple livre de souvenirs.

Pour les enfants, la guerre en tant que telle somme toute n’existait pas, et chaque heure passée dans les couloirs humides et noirs de quelque cave voisine, loin de nous apeurer nous semblait distrayante, procurant à nos petites personnes des émotions si vivantes et si fortes que nous nous réjouissions à l’appel des “sirènes” alertant la population de la proximité probable d’un bombardement. Pour nous c’était l’annonce chargée de liberté et d’imprévu d’une promenade grisante en dehors du lycée. À l’enfance, la gravité du mal et du malheur profonds semble lointaine.