Adam Biro, Ádám tu peux rester au lit il y a la révolution Un extrait du livre
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ISBN 978-2-913904-89-7 | 13,5 × 20 cm | 76 p.  |  20 photographies noir et blanc

— Ádám, tu peux rester au lit, il n’y a pas d’école, il y a la révolution.

C’est par cette phrase que ma mère m’a réveillé le matin du mercredi 24 octobre 1956. À Budapest, Hongrie. J’avais 15 ans. Je ne suis pas resté au lit. Je suis parti explorer la ville. Et la Révolution.

La contestation était dans l’air, après dix ans de dictature. Le discours de Khrouchtchev au XXe Congrès du Parti communiste soviétique en février 1956, critiquant violemment le régime stalinien avait donné le ton. Le 23 octobre dans l’après-midi a eu lieu à Budapest une manifestation spontanée d’étudiants, et dans la soirée, sidérés, nous avons entendu les premiers tirs. Et c’était la révolution — qui — nous le pensions — triomphait. Les Russes ont évacué Budapest puis des partis, interdits, sont re-nés, des journaux enfin libres ont été distribués avec des révélations sur le passé et pleins d’espoir quant à l’avenir. Puis, dans la nuit du 4 novembre, les Russes sont revenus…

Après quelques rares tentatives — étouffées (Berlin, Poznan…) — contre la vassalisation par l’URSS, et avant Prague 1968, il faudra attendre 1989 et la chute du mur de Berlin pour que le régime soviétique en Europe de l’Est et centrale s’écroule.